Carnet Rouge



Départs


Je ne suis raison de rien, une moisson de menthe fauve, graine ivre et libre, un vin trop vert, une peau trop douce ...
Votre passeport !! Prenez, messieurs, avec mes larmes, coupez les fleurs, feuilles de grenat, extérieurs jour, intérieur nuit, à rapport double, à droite fût-il jamais possible, à gauche au bénéfice de nos angoisse, cherchez en bas, messieurs ...
Mon sourire, Cornavin ,je claque les talons , soit par mégarde, ou inconscience d'une ronde insidieuse .
Espoirs


Lorsque le soleil brûlera
Ma poésie en haillons
J'enchaînerais sur ta peau
Au parfum d'océan
Entre le silence troublant
De mes lèvres profanes
Une lettre inachevée
Solitudes ...

Etre de ces êtres
Qui par manque d'être
Pour avoir échoué d'être
Interrogent l'astre
En implorant leur être
De cesser de n'être
Que par manque d'être
Déserts ...


Urbains, Trocadéro
Fumées, pétrole
Sueur et poussière

ou

Carte postale
Papier glacé
Bar Loto

Cartes et dés sont sur table
A vous de jouer
Un goût d'ostie mâchée
Tasses à café, mégots et cendriers

Une lame affutée
Un regard perspicace
Tranché en trois traits noirs
Un rire en brèche de larmes

Achetez fréquence meurtre
Notre Epoque

Notre époque est tranchante
Dure comme l'acier
Qui l'a créée
Au siecle dernier

Elle
Est blanchie, asceptique
Trompeuse, arti-ficelle
Comme ces jeux de bourse
Qui asphixient l'économie

Elle
Est déracinante, écartelante
Sans toit ni dieu
Sans foi ni lois
Crû... Elle

Qui vend du rêve
En cliches emoussants
Et pour qui
Amour rîme
Avec éjaculant

Je veux rêver... Notre époque crie
Certains en prient... Certains en rient
Et moi je pleure... En perles muettes
Armée du Salut



"Je cherchais une parole
Or ou feu
Ne cueillis que discours
Affamés d'aveux"
Vides

Ce n'était
Qu'une maison blanche
Un jardin sans anges
Entre l'arbre des preux
Et le faubourg des dieux

Sous un sillage d'argent
Où prêchait le silence
Vous aviez construit
Un songe vide
Qu'habite votre néant
Espaces


Est-ce poème
Ou bien prière

A l'heure des pleurs
A fleur de l'aube
Mon silence immolé
ESCAPADES SAUVAGES

Longtemps je cherchais
Désemparée, sans clef

Ces droites, ces espaces
Enfermaient leur secret
Hermétiques et muets
Comme l'onde froide
Coulant de l'oeil vide
En larmes de verre

En vain j'interrogeais
Où plutôt je ne cherchais plus.
En silence je mimais
Je ne faisais qu'attendre
SOLITUDES

Laurence, lorsque tu partais... solitaire, au soir des villes où la terre devient prière...
Qui oubliera de la croiser, cette piste où ton pied inutile avait omit par dérision d'y graver en suspension, en repère, trois croix blanches, maman, tes blessures niées.
Sur le sentier de mes triomphes, barbare je progressais en tirant mon genou haut et fort, loin, loin malgré la sueur âcre, sous l'aile froide de tirans sans légende, et pourtant si présents.
Là-bas un soleil pur éblouirait ma rancoeur, cueillant le doute qui giclait sur mes tempes. Entre l'herbe brûlée et le souffle du vide, chaque pas, chaque marche m'arrachait au temps brisé, vers la paroi qui se dressait là-bas et m'appellait.
J'oublierai enfin, là-bas dans le silence, tout ces cris obcènes, en écoutant la plainte immense du vent, mère terrible aiguisant ses dents en déchirant le ciel.
Chants de fer qui m'inventairent aux premières lueurs un berceau de pierre et me sifflaient des cieux la promesse allègre d'une autre aube.
Et là, paroi austère, orage pétrifié, glacé, étincelant, le vertige de mes sens accrochés aux pierres... au bord du vide, et puis explose la démesure insensé de mon désarroi… quand a sombré le sens ...
Modernités

Banalité euh transcendante
A travers les méandres
Du réseau quotidien.
Grâce étincelante?
Des transports prolétariens
Entre le wagon de tête
Glorieusement en declin
Et le wagon des plaintes
Créances et dettes...
Etincelle de mille watts?
Fourbe trahison
D'une insidieuse question...
Passions celluloïdes?
Ou totalement subversives
En déséquilibre cyclique
Sur nos crânes excavés...